par Jean Jolly

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10 avenue Léon-Bourgain 92400 Courbevoie

 Abdelazziz Bouteflika a gagné. Réélu président le 8 avril 2004 à une écrasante majorité, il a, en principe, les moyens d'effectuer les profondes réformes économiques et politiques dont son pays a besoin pour combattre avec succès le sous-développement et l'obscurantisme. En fait, les élites, même les plus favorables au chef de l'Etat, sont sans grande illusion. Elles savent que le président aura la mission impossible de satisfaire les revendications contradictoires de ses concitoyens : stimuler l'activité privée et fermer les entreprises d'État en faillite, libéraliser les échanges sans heurter les clans politico-militaires qui profitent de la pénurie organisée sur certains produits, réformer l'administration gangrenée par la corruption, repenser la politique sans pousser à la révolte les opposants qui crient à la fraude, modifier le Code de la famille sans provoquer la colère des islamistes…

 

 

UN BILAN  SANS COMPLAISANCE  - L'Algérie de Bouteflika  fait découvrir les dangers d'une telle politique. En l'appliquant, tout chef d'État algérien risque sa vie. En s'y refusant, il condamne son pays à la mort lente.  

L'Algérie de Bouteflika rompt avec les discours convenus ou passionnels ressassés depuis quarante ans.  Jean Jolly fait découvrir ce pays maghrébin tel qu'il EST et montre comment il pourrait évoluer. 

  C'est un état des lieux sans complaisance mais honnête de la situation intérieure de ce pays maghrébin ainsi que de ses relations régionales et internationales à la fin d'une transition décevante et d'une époque de violence.   

Les dirigeants n'ont plus droit à l'erreur et à l'immobilisme. Ils ont à relever des défis tant internes (ouverture au libéralisme et efforts en faveur du plein emploi, respect des Droits de l'Homme et maintien de l'ordre public) que régionaux (réconciliation avec le Maroc) et internationaux (relations  avec les États-Unis et, surtout, avec l'Union européenne dont la France).

 Les Algériens ont changé, malgré le système bureaucratique qui a résisté aux luttes intestines, aux tensions avec le Maroc, à la brouille avec la France, à la baisse de moitié du niveau de vie au cours des dix dernières années et à plusieurs révolutions culturelles avortées ou inachevées.  La société civile a évolué plus vite que les structures politiques économiques et  sociales, mais d'une façon différente de celle que peuvent imaginer les hommes qui y ont vécu.  Les hommes et les femmes qui composent la société algérienne ont mené en silence une révolution culturelle sans précédent.  La guérilla islamique a été brisée, mais les fondamentalistes occupent le terrain politique. Les Kabyles refusent de 

renoncer à leur particularisme. Les chômeurs, en nombre croissant, grossissent les rangs des trafiquants et des opposants. Les libéraux, influents dans les villes, réclament un vrai pluralisme... 

 

Des clefs pour comprendre L'Algérie - L'Algérie de Bouteflika donne des clefs pour comprendre le présent de l'Algérie. Il explique la situation intérieure, ses aspects politiques (les hommes, fonctionnaires, militaires, syndicalistes, qui détiennent la réalité du pouvoir, leurs adversaires), économiques (forces, faiblesses et blocages partisans) et sociaux (évolutions contrastées vers le modernisme et le fondamentalisme religieux).

 

CONFLIT DE GÉNÉRATIONS et LUTTES DE CLANS -  Un combat sans concessions se poursuit entre jeunes et vieux, entre anciens et modernes, entre laïcs et religieux. Les jeunes, tournés vers l'Occident ou, au contraire, vers l'Orient, ne peuvent plus être tenus à l'écart. Alors que près des deux tiers de la population a moins de trente-cinq ans, les dirigeants civils et militaires, atteints par la limite d'âge, pourraient préférer un conflit de génération à la perte de leur influence.  

 

besoin de changement - Ébranlés par la rupture avec la France en 1962, initiés au socialisme avec Ben Bella entre 1962 et 1965, enfermés dans un schéma marxisant par Boumediène entre 1965 et 1979, poussés sans grand succès vers le libéralisme par les successeurs de ce  dernier et déchirés, à partir de 1992, par une guerre civile opposant un pouvoir impopulaire aux islamistes les plus intransigeants, ils aspirent à la paix, certains se réfugiant sans la religion et les traditions rétrogrades, d'autres rêvant d'ouverture sur le monde extérieur et de modernisme.   

     

Réconciliation IMPARFAITE avec la France - Dans ce contexte, la réconciliation avec la France pourrait avoir un poids déterminant sur l'évolution de l'Algérie. Elle implique une forte dose de réalisme et d'honnêteté réciproque. Elle exige une reconnaissance à la fois des erreurs et des succès passés. Elle réclame des excuses publiques à toutes les victimes, notamment françaises, de toutes confessions et de toutes obédiences. Cette réconciliation est nécessaire pour songer à un avenir commun dans le respect de la souveraineté de chacun.  

Le besoin d'équilibre régional, les aspirations populaires, la sagesse politique poussent au changement. Le poids des intérêts particuliers, des clans et de leurs clientèles condamnent au statu quo. De la victoire de l'une ou l'autre de ces forces dépend l'avenir de l'Algérie.  

L'Algérie de Bouteflika  un document précieux, bien charpenté, riche d'informations précises, facile à lire, un mode d'emploi pour comprendre les divers aspects de la vie mouvementée des Algériens. Un ouvrage passionnant. Une excellente initiation à l'Algérie d'aujourd'hui.

VOIR ÉGALEMENT   L'Afrique et son environnement européen et asiatique (Atlas historique)  Editions L'Harmattan